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TURA Laetitia

Série « Je suis pas mort, je suis là » / Parcours

Camouflages

L’externalisation du contrôle des frontières européennes vers les pays de transit se traduit au Maroc par la mise à l’écart des migrants et la vie en clandestinité. Indésirables, ils sont parqués au bord du monde (Michel Agier). Qu’ils survivent dans les villes ou dans les ghettos des forêts, les migrants élaborent des stratégies de camouflages et de dissimulation pour se protéger . Pour traverser le no man’s land de la frontière Marroco-Algérienne ou rejoindre les grandes villes côtières, il faut identifier les signes-repères en parallèle des routes balisées : rails de chemin de fer, lumières de la ville, poteaux électriques… La présence d’une voie ferrée secondaire desservant une cimenterie devient alors un moyen de rejoindre un train.

Pour contourner le contrôle du dispositif frontalier des enclaves espagnoles de Melilla et Ceuta, les migrants doivent analyser le terrain, s’éloigner des instruments de surveillance, nager au large des côtes et disparaître des écrans de surveillance.
En novembre 2008, de fortes pluies font céder les fondations de la barrière ouvrant ainsi quelques passages.

Photographies prises à Oujda, Tanger, Naïma et Rabat au Maroc ; et dans l’enclave espagnole de Melilla. Les portraits ont été pris uniquement à Melilla. Ces photos sont extraites d’un travail au long cours mené avec Hélène Crouzillat, réalisatrice sonore.

Un film documentaire, Les Messagers, sur la disparition des migrants dans la frontière, est en cours de réalisation.

www.territoiresenmarge.fr

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