Fetart

DECORNIQUET Cécile

Séries : « Ingénue » et « Lady » / Parcours


Parcours :

Dans la vie de Cécile Decorniquet, il se passe quelque chose voici 10 ans. Elle découvre la musique de P.J. Harvey, s’achète un Nikon FE 10 et tombe amoureuse des dessins de Mark Ryden et Marion Peck. Du coup, elle décide de se tourner vers l’image et la photo en particulier. Elle rentre à l’École des Gobelins dans la section prise de vue.

À sa sortie, elle travaille comme assistante pour différents photographes et décide de consacrer son travail au portrait et aux matières. Pourquoi les matières ? C’est toute son enfance qui remonte à ce mot : sa vie près de ses grands-mères couturières et ses week- end au centre des textiles, des étoffes. Elle découvre, à six ans, la haute couture dédiée à l’enfance quand Christiane lui essaie les créations qu’elle réalise pour La Chatelaine.

Le travail de Cécile se développe donc sur le portrait et le corps de la femme, compris comme un support aux délires liés à la mode, au vêtement. Elle caracole dans le taffetas, l’organdi, la dentelle, le satin, la résille. Son jardin se nomme le marché Saint Pierre et elle pourrait y passer des journées entières à caresser les étoffes. Face à son objectif, des femmes et des gamines affichent cette mise en scène de la matière et, au moment d’appuyer sur le déclencheur, ce sont les images d’une ville au bord du gouffre qui lui reviennent : celles de Berlin Alexander Place, la bouche de Nina Hagen souillée de rouge tonitruant, les cabarets décadents dédiés aux danseuses des bas-fonds et aux roméos calamistrés.

Cet univers sombre, maniaque et fétichiste trouve sa source également chez des photographes que Cécile ne renie pas : Joel-Peter Witkin, Jan Saudek, David Lynch.

Les photos de Cécile Decorniquet, sourdes, sulfureuses, sont là pour montrer l’envers du décor : derrière les flashs arrogants, un monde du secret révèle son butin, magique et inquiétant.

Marc Villard

DECORNIQUET Cécile

- Site : www.cecileetlaurent.com