Fetart

CHEVALOT Didier

Série « Zero moins un » / Parcours

Le monde du « Zéro moins un » est proche de nous, quelque part là, en dessous. Le malaise qu’il génère parfois est nôtre.
C’est un univers statique et dense, fait de zones de stockage, de parkings ou autres sous-sols ; l’éclairage fluorescent y règne en maître.
Il faut accepter de se laisser gagner par l’odeur acide des lieux, y errer longtemps pour trouver les stigmates du passage de l’homme. C’est alors créer un rapport presque intime avec les murs, les couloirs et les recoins de béton que nous nous efforçons de fuir.
C’est tout autant, savoir observer les matières charbonneuses et froides qui donnent naissance à ces espaces, mais qui réduisent par ailleurs nos vies dans une indifférence infinie.
Le temps semble figé dans ces lieux où la vie se fait rare. Seul le béton suintant et les carcasses de voitures poussiéreuses témoignent du temps passé.
A l’approche de ces murs sombres et massifs, un sentiment d’abandon et de réclusion peut vous gagner rapidement. Il laissera peut-être alors libre cours à vos phobies les plus profondes.
Je suis envahi par cet univers étrange et ordonné qui se livre frontalement, tout en succombant au bombardement de lignes éclectiques et géométriques.
Les lumières sont vertes, instables et intrigantes. Contrairement à ce que certains peuvent penser ou dire ; elles ne rendent pas fou. Elles soulignent simplement l’aspect irréel des lieux et du vide qui l’habite.
Chaque instant figé est retranscrit tel quel ; je le photographie rapidement. Pourquoi s’attarder ? L’homme ne s’attarde pas dans ces lieux ; il s’y glisse.

Didier Chevalot & Cyril Berthault-Jacquier