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Raed Bawayah « les couleurs du soleil »- Odéon avril

« Les Couleurs du soleil »

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Raed Bawayah, photographe palestinien, expose sa série Roumanie, 2007.
Né en Palestine en 1971, Raed Bawayah a suivi des études de photographie à l’école d’art israélienne Musrara à Jérusalem jusqu’en 2004, et vit actuellement à Paris.
Travaillant dans de nombreux pays, il prend toujours en considération les personnes que la communauté nationale et/ou internationale ne voient pas. Dans la lignée de Diane Arbus dont il se revendique, Raed Bawayah s’intéresse aux personnes dites « marginalisées » : « À l’heure où l’écrasante majorité des photographes palestiniens est prise dans l’étau du photojournalisme et assure au quotidien la couverture du conflit en territoires occupés, j’adopte une autre approche », explique-t-il pour justifier du parti pris de son écart. Ses cadrages généralement frontaux se concentrent sur le personnage entier et sa sphère environnante autour de laquelle il gravite avec discrétion. Car le sujet ne doit pas poser, mais être saisi dans une attitude naturelle. Raed Bawayah veut ainsi donner la parole aux « solitudes muettes », les faire entrer en résonance avec le public par la grandeur d’un format carré.

« En 2007 la Roumanie allait intégrer l’Union Européenne. Aussi imprégné d’espoir que ce moment pouvait être, il allait emporter avec lui tout un univers. Un monde rythmé par les saisons, le cycle des plantes, la faim des animaux, par des fêtes et rites allait basculer. Vers quoi ? Beaucoup l’ignoraient. L’été de cette année-là je suis allé vivre pendant un mois parmi les gens d’un village traditionnel du nord du pays. Enfants, parents et grands-parents, je les ai accompagnés dans leurs jeux, travaux et repos. En leur présence, des souvenirs de moments vécus dans mon village de Palestine me revenaient en esprit. Je retrouvais le même amour de quelques hommes envers ce qui les fait vivre, l’intégrité d’une poignée de paysans se donnant corps et âme au travail de leurs champs et à l’élevage de leurs bêtes. De vieilles images venaient rencontrer de nouvelles et vice-versa. Point de nostalgie ! Point de retour en arrière ! Je retrouvai tout simplement la simplicité et la dignité d’une humanité omniprésente qui se fiche des pays ou des frontières, et se niche dans des rapports directs et vifs, parfois brutaux, parfois tendres, entre l’homme, sa terre, son environnement et ses semblables. Pour rendre hommage à ces gens, ce documentaire est une tentative d’éterniser ces instants de labeur, empreints de simplicité et de tranquillité, avant qu’ils ne s’éteignent définitivement. »
Raed Bawayah

Vernissage :
Vendredi 30 avril sur invitation
au Théâtre de l’Odéon – Studios Gémier et Serreau

Exposition Du lundi 3 mai au dimanche 30 mai
Dans le cadre de la 2e édition du Printemps Arabe à l’Odéon

Théâtre de l’Odéon – Studios Gémier et Serreau / 6e
Entrée libre