Fetart

Galerie Stephane Plassier - Set in Black

2009

Après les expositions Noir&Torpeur et Noir&Sport présentant respectivement les photographies de Frédéric Delangle et Philippe Bordas, le mois de novembre sera consacré au thème Noir du deuil avec les travaux de Raphaël Denis : Les Bâillons de la bienséance et Diogène de synope - fils d’une supposée crapule.

Raphaël Denis
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Les Bâillons de la bienséance
Raphaël Denis propose, avec “Les Bâillons de la bienséance” un travail sur le temps et les dogmes occidentaux qui témoigne de sa volonté de questionner l’histoire de la photographie. Il utilise des négatifs en verre de type "chambre" des années 1890-1910 qui lui permettent de synthétiser acte pictural et image photographique ; l’action s’effectue à même la plaque de verre, sans l’emploi d’appareil photo.

Les négatifs sont ceux de portraits qui traduisent de manière éloquente l’ambition de la photographie de rivaliser avec la peinture. Les modèles sont des bourgeois de toute sorte, singeant dans les moments cruciaux de leur vie les poses altières des tableaux des musées. Gravant son empreinte au cœur de l’image, Raphaël Denis confronte le modèle à des éléments qui évoquent cicatrices et passage du temps tout en dénonçant les arrogances et les faussetés orchestrées du genre du Portrait.

Ses interventions sur l’image font ressortir l’individu en allant à l’encontre de la volonté de lissage et d’idéalisation initialement mise en œuvre par le photographe. La pose figée, cherchant à imposer un statut, est contrebalancée par la rupture introduite par les outils qui grattent le vernis social et dépouillent les individus anonymes, aujourd’hui décédés, de ce qui les déguisait. Les dégradations qui expriment les douleurs et les machiavélismes qui règnent entres les êtres pourraient sembler purement sadiques, mais elles mènent avant tout à un retournement significatif des codes et des convenances qui donne davantage d’importance à l’individu qu’il n’en avait sous le masque de l’idéalité.

Les photographies de Raphaël Denis sont représentées par la “Galerie Kamchatka” à Paris et figurent dans le fonds photographique “Bridgeman Giraudon”.
Entre 2006 et 2008, ces photographies ont notamment fait l’objet d’expositions personnelles (à l’artothèque de Saint-Cloud ainsi qu’à la galerie Kamchatka) et collectives (à la galerie Off-Ample à Barcelone, aux Rencontres off de la Photographie à Arles ainsi que pour l’inauguration du Door Studios à Paris). Certaines ont été acquises par les artothèques d’Hennebont et de Saint-Cloud.


Diogène de synope - fils d’une supposée crapule
"Diogène de Sinope, fils d’une supposée crapule", est une série de cinquante sculptures potentiellement gratuites pour l’acheteur, chacune des œuvres renfermant un chèque sans ordre, signé et daté d’avril 2009, équivalent au montant fixe de son prix d’achat et correspondant à une estimation du coût de sa réalisation. Le titre des œuvres, toutes distinctes, évoquant tant la banque qu’un trésor caché, fait référence à la légende du philosophe cynique grec Diogène, incarnation de la richesse qui repose au milieu des ordures, fils d’un présumé faux-monnayeur contraint à l’exil qui vivait dans une amphore. Le sac-poubelle présenté sur un socle rappelle par sa forme une bourse dont le propriétaire pourrait disposer comme il l’entend et dont le contenu pourrait servir à un éventuel remboursement de l’achat. La sculpture affirme ainsi pleinement le statut de réserve d’argent souvent prêté à l’œuvre d’art, tout en limitant la prise de risque qui accompagne habituellement son achat.

Mystère révélé par la volonté de l’artiste, mis en scène au sein d’une présentation évoquant celle des trophées, le contenu du sac fonctionne comme un appât permettant d’évaluer le comportement de l’acheteur et de mettre en valeur ses conséquences pour l’artiste. La curiosité et la convoitise qu’il peut susciter sont susceptibles de générer la destruction de l’œuvre. La question se pose alors naturellement de l’intérêt d’acheter une œuvre d’art pour l’anéantir – ce qui revient à nier l’attirance esthétique et l’intérêt du collectionneur au profit d’un comportement rappelant plutôt celui que provoquerait un jeu de hasard sans hasard où le remboursement de la mise serait assuré.

Le comportement de l’acquéreur vis-à-vis du sac-poubelle permet de jauger le degré de confiance envers l’artiste et la valeur accordée à son travail. La destruction de l’œuvre, qui permet seule la récupération du chèque en raison du système de fixation interne du sac, entraîne en effet l’anéantissement d’une réalisation longue et soigneuse, résultant de multiples opérations répétées cinquante fois. En dépit de leur apparence standardisée et uniforme, les œuvres résultent d’un assemblage complexe d’éléments entièrement travaillés à la main – du socle au sac, découpé dans une bâche et thermo-soudé, en passant par la tige en aluminium peint qui les relie. L’acheteur est libre de choisir le retour total sur investissement plutôt que la thésaurisation, induisant pour l’artiste la vente à pure perte de son œuvre.



Parcours
Né le jeudi 3 mai 1979

Expositions personnelles
2009
“Les Bâillons de la Bienséance”, galerie Set-In-Black, Paris.
“L’Esthétique de l’ingrat”, galerie éphémère, Paris.
2008
“Les Bâillons de la Bienséance, une prose sans poésie”, artothèque de Saint-Cloud.
“Les Bâillons de la Bienséance, portraits d’une basse-cour”, galerie Kamchatka, Paris.
2007
“Les Aïeux & Gare au culte”, Gran Marina Hotel, Barcelone.
“Kid’n’happening”, performance lors de l’exposition « L’eau et les rêves », galerie Kamchatka, Paris.
2006
“Gare au Culte”, galeria Punto Arte, Marbella.
“Le Sans-Issue”, installation à la Générale, Paris.
2005
“Gare au culte”, Faculdad de Bellas Artes, Barcelone.
“Gare au Culte”, galerie Kamchatka, Paris.

Expositions collectives
2009
“L’Esthétique de l’ingrat”, Slick 09, galerie galerie Kamchatka, Paris.
“Art-Projects”, galerie Yvon Lambert, Paris.
2008
“Group-Show #001”, galerie Kamchatka, Paris.
“Ces moments avec toi, I’m crazy to think you are mine”, artothèque d’Hennebont.
“13 PHOTOGRAPHES À ARLES ”, expo fétart # 12, Rip-off, Arles.
“Aid(e)s”, vente caritative, Drouot-Montaigne, Paris.
2007
“Aid(e)s”, présentation collective, FIAC, Paris.
“Noël au Kamchatka”, galerie Kamchatka, Paris.
“Ah je ris de me voir si belle...”, Door Studios Gallery, Paris.
“Paris-Pékin-Barcelone”, Galerie Off-Ample, Barcelone.
2006
“Google Art”, installation, galerie Kamchatka, Paris.
“Les Aïeux”, Festival Bread & Butter, Barcelone.
“Trans-fashion lab”, galerie Off-Ample, Barcelone.
“Gare au Culte”, Mairie du IXe, Paris.
“À la trace”, galerie Kamchatka, Paris.
2005
“Kali-Yuga (âge sombre)”, projection vidéo, galerie Base Element, Barcelone.
“Kali-Yuga (âge sombre)”, grands projets lauréats de l’Ensad, projection vidéo, Mairie du Ve, Paris.

Acquisitions
2008 artothèque d’Hennebont.
2008 artothèque de Saint-Cloud.

Editions
2009 “Ici s’achève le combat”, éditions Kamchatka
2009 “Sans lien ni motif apparents”, éditions Kamchatka

Diplômé de l’Ensad (arts décoratifs de Paris) en 2006, mention très bien.
Représenté par la galerie “Kamchatka” (Paris) & dans le fonds “Bridgeman Giraudon”


Informations pratiques :

Exposition Noir du deuil (10 novembre au 10 décembre)
Galerie Stéphane Plassier Set in Black.
7 rue d’Uzès.
75002 Paris.
Ouvert du lundi au vendredi de 12h à 19h
www.setinblack.com

Vernissage :
Vernissage de l’exposition Noir du Deuil le 10 novembre de 19h à 21h
Vernissage de rattrapage le jeudi 3 décembre de 19h à 21h

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Vernissage rattrapage