Fetart

CIRCULATION (S), Mois de la Photo-OFF , Novembre 2008

2008

Samedi 22 et Dimanche 23 novembre, Weekend du livre en partenariat avec la Librairie Photographique

Dédicaces du Samedi 22 novembre
- 12H-14h : Signatures Photographies, Michel Séméniako « Exil » (2004), « Les couleurs de Vimeu » (2008), « Human Landscapes » (2008)
- 17h-19h : Galerie Philippe Chaume, Frédéric Delangle « Ahmedabad » (2006), « Coït » (2008)
- 17h30-19h30 : Galerie Philippe Chaume, Floriane de Lassée, « Inside Views » (2008)

Dédicaces du dimanche 23 novembre

- 17h-19h : Fetart, Nicolas Fussler, « Le long de la ligne » (2007)
Signatures Photographies, Patrick Bard, « Mongolie » (2002) « Carnets d’Europe » (2005), « Le Chemin de l’Inca » (2006) et « Les routes du Che » (2007)
Ivan Boiko, « Vieux-croyants de Russie » (2006 )

- 18h-20h : Fondateur et Directeur Artistique de PHOTSOC, Festival International de la Photographie Sociale, Xavier Zimbardo, « Made in Sarcelles, belle comme le monde » (2007)

Michel Séméniako, « Exil », textes de Louise L. Lambrichs
éditions Trans photographic press, 2004

Un jour, en 2000, je découvre dans la presse l’image spectrale et verdâtre d’un groupe de clandestins, elle me bouleverse.
Une mémoire familiale, jusqu’ici enfouie, fragmentaire et désordonnée comme un dépôt lapidaire, se trouve subitement réactivée par l’actualité (Sangatte, les sans papiers, les boat people...).
Le clandestin n’a pas d’autre issue que de couper ses racines familiales, matérielles et culturelles, la fuite le contraint à cacher sa singularité jusqu’à l’invisibilité. Il intègre cet effacement comme une condition de sa survie et son exil prend la forme d’un rêve - cauchemard.

Michel Séméniako, « Les couleurs du Vimeu », texte de Patrice Juiff
éditions Diaphane, 2008

Nulle part plus qu’au Vimeu (en Picardie) l’Homme n’a modelé le territoire par son activité, et pourtant, au premier regard, cela ne se voit pas : pas de terrils ni de monstrueuses tuyauteries fumantes.
À mon arrivée, ce sont les éoliennes qui m’ont sauté aux yeux, dominant de leur élégante silhouette une verte campagne et côtoyant quelques anciens moulins. Puis, si l’on s’attarde dans les bourgades, on découvre une constellation de petites et moyennes entreprises…Les couleurs sont ici celles que j’ai recensées sur le terrain :
Le rouge du feu des fondeurs, le bleu de l’acier, l’or du laiton, les ocres et les verts de campagne. J’en use souvent à contrario du naturel, pour construire une vision décalée des lieux, pour révéler un monde que chacun peut s’approprier.

Michel Séméniako, « Human Lanscapes », Catalogue de l’exposition à la galerie Le Feuvre, Paris, 2008

Une rétrospective de paysages urbains et industriels réalisés entre 1990 et 2007

Michel est né en 1944 à Annecy, Il vit en région parisienne.
La nuit, il explore l’espace, le modèle et le peint avec des faisceaux lumineux colorés.
Le réel lui propose des formes ; en les éclairant il crée des fictions.
Il efface ainsi les frontières entre réel et imaginaire et nous invite à une réappropriation des lieux.

Frédéric Delangle, « Ahmedabad », Editions Fage, 2006

Autrefois ville prospère et riche, Ahmedabad, dans le nord-ouest de l’Inde, porte aujourd’hui dans ses rues et ses architectures les stigmates de la misère. Entre constat et onirisme, le regard du photographe Frédéric Delangle traduit le malaise de cette ville au bord du chaos.

Frédéric Delangle a voulu montrer cette face hideuse du miracle indien. Après plusieurs voyages, tentatives et repérages, il a choisi les quelques heures de la nuit (de minuit à 2 heures du matin) où la ville ne semble pas au bord de la rupture et de l’asphyxie pour la photographier.
D’une qualité plastique irréprochables ces images donnent à Ahmedabad l’aspect d’une ville fantôme où l’on devine à peine quelques traces de vies que révèle le long temps de pose, parmi une mosaïque de balcons, de volets, d’enseignes publicitaires surabondantes et de façades lépreuses composant un décor onirique figé sous la lumière de l’éclairage urbain…

Frédéric Delangle, « Coït », Christian Gattinoni, Editions Fage, 2008

Coït [koit] n. m. lat. coïtus, “aller ensemble”. Photographies de couples prises dans une chambre noire ; se dit d’une photographie dont le temps de pose est fonction de la durée du rapport sexuel.
De ces corps enlacés ne ressortent qu’une seule masse de chair aux contours évanescents qui ne laissent rien transparaître de l’acte sexuel : le lecteur est ici invité à créer sa propre chorégraphie amoureuse avec ses propres fantasmes.
Dans un décor dépouillé, Frédéric Delangle invite des couples à se livrer devant l’appareil photographique et reconstitue la magie d’une interaction amoureuse ou l’acte sexuel passe du coté de la poésie, du fantasme et du rêve.
Les bribes de corps et les positions supposées de ces danses amoureuses créent une masse nuageuse de chair qui évoque clairement la fusion charnelle et l’énergie des amants. Car Frédéric Delangle désire avant tout matérialiser la fusion corporelle, émotionnelle et donner une dimension spirituelle de l’acte sexuel à la manière des symbolistes du XIXe siècle qui valorisaient les passions humaines à travers une vison éthérée du corps.

Né en 1965, il vit et travaille à Paris. Il a publié Ahmedabad en septembre 2006 chez Fage éditions.
Christian Gattinoni est critique d’art, photographe et enseigne à l’Ecole Nationale Supérieure de la Photographie d’Arles. Il est également co-directeur artistique des Semaines européennes de l’image.

Floriane de Lassée, « Inside Views », Nazraeli Press, 2008

Qui n’a jamais été intrigué par la lumière des fenêtres luisant dans la nuit ? Qui n’a jamais souhaité entre-apercevoir les histoires et les intrigues de la vie quotidienne fourmillant dans l’immeuble d’en face ? Subtilement, les paysages urbains de Floriane de Lassée alimentent le mystère et attisent la curiosité. Les lumières des grandes villes exercent une fascination sur la photographe qui, depuis 2004, parcourt des mégalopoles qu’elle photographie de nuit.
Au cours d’un long et solitaire travail de repérage qui ne laisse rien au hasard, la jeune femme est régulièrement témoin d’instants singuliers, recueille des bribes d’intimité d’inconnus qui se laissent deviner. A partir de ces visions de la vie des autres, elle construit des mises en scène captées par des temps de pose pouvant aller jusqu’à dix minutes. Après avoir disposé son appareil photo sur le toit d’un immeuble, elle l’abandonne parfois pour aller s’installer à la fenêtre ou sur le balcon du building d’en face. Elle devient ainsi auteur et sujet de ses photographies, elle est aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur des gratte-ciel.

Floriane de Lassée est diplômée de l’École Penninghen (Paris) et de l’International Center of Photography (New York) . En 2005, la série des « Nightviews » a gagné le Grand Prix du magazine americain PDN, puis a été exposée à Paris, New York et Moscou. Son travail a également fait partie de la sélection des Voies Off du Festival de Photographie d’Arles en Juillet 2006.