Fetart

CIRCULATION (S), Mois de la Photo-OFF , Novembre 2008

2008

Samedi 22 et Dimanche 23 novembre, Weekend du livre en partenariat avec la Librairie Photographique

Dédicaces du Samedi 22 novembre

- 12H-14h : Signatures Photographies, Michel Séméniako « Exil » (2004), « Les couleurs de Vimeu » (2008), « Human Landscapes » (2008)
- 17h-19h : Galerie Philippe Chaume, Frédéric Delangle « Ahmedabad » (2006), « Coït » (2008)
- 17h30-19h30 : Galerie Philippe Chaume, Floriane de Lassée, « Inside Views » (2008)

Dédicaces du dimanche 23 novembre

- 17h-19h : Fetart, Nicolas Fussler, « Le long de la ligne » (2007)
Signatures Photographies, Patrick Bard, « Mongolie » (2002) « Carnets d’Europe » (2005), « Le Chemin de l’Inca » (2006) et « Les routes du Che » (2007)
Ivan Boiko, « Vieux-croyants de Russie » (2006 )

- 18h-20h : Fondateur et Directeur Artistique de PHOTSOC, Festival International de la Photographie Sociale, Xavier Zimbardo, « Made in Sarcelles, belle comme le monde » (2007)

Nicolas Fussler, « Le long de la ligne », Editions Slovento, 2007

La série des « postes de douanes », bien que faisant partie d’une réflexion plus vaste sur la limitet le territoire européen, est un travail à part entière initié par Nicolas Fussler en 1998, le long de la frontière rhénane. Elle dresse un état des lieux des postes de douanes aujourd’hui délaissés, parfois réhabilités, dans un contexte politique et économique clair, celui de la consolidation de l’Union Européenne et des accords de Schengen.
Cet inventaire, dans la tradition de la photographie documentaire allemande, offre une image frontale très construite, centrée sur l’édifice, tout en soignant particulièrement l’arrière-plan, contexte indispensable à la lecture de ce catalogue sans cesse étayé.
Plus qu’un inventaire architectural, la série « Postes de douanes » témoigne d’un patrimoine historique riche méconnu et offre une vision originale du processus de formation de l’Europe. C’est une série fluctuante qui accompagne l’élargissement de l’Union.

Originaire de Strasbourg, photographe indépendant, il travaille depuis plusieurs années sur le thème de la frontière.

Patrick Bard, « Carnet d’Europe », éditions du Seuil, 2005

De Brest, Bretagne, à Brest, Biélorussie, cet itinéraire photographique européen est autant une réflexion sur notre histoire commune qu’une recherche de sens par la couleur, la signalétique, la forme de l’identité européenne dans sa contemporanéité. Enfin, et devrais-je dire, avant tout, c’est aussi l’expression du désir d’arpenter ce continent qui est le mien, qui est le nôtre, et dont nous semblons si peu conscients.

Patrick Bard, « Le Chemin de l’Inca », éditions du Seuil, 2006

Le Qhapac Ñan était tombé en désuétude au cours de la période coloniale. L’UNESCO a fait de son classement au patrimoine de l’Humanité (prévu par tronçons pour fin 2007 – début 2008) l’un de ses projets majeurs. De nombreux tronçons principaux et secondaires du réseau routier inca sont encore régulièrement empruntés par les membres des communautés autochtones. En concertation avec les populations locales et avec des objectifs de développement durable, les archéologues des pays concernés ont entrepris depuis peu un scrupuleux relevé des tracés de cette route désormais considérée comme l’élément patrimonial le plus important d’Amérique latine.
Le livre s’ouvre sur un premier cahier de photographies panoramiques noir et blanc retraçant de manière poétique le chemin des cités des nuages qui mène à Machu Picchu, suivi d’une trentaine de pages développant l’esthétique propre du carnet de voyage – récit littéraire au quotidien enrichi de polaroïds et de fac-similés du carnet tenu par l’auteur. Il s’achève sur une longue série de photographies couleurs décrivant la Route de l’Inca, les paysages, les sites archéologiques et les cultures andines vivantes traversées. Au final, cet ouvrage nous donne à voir trois livres en un sur le Grand Chemin, à travers Équateur, Pérou, Bolivie, et Chili.
Chronique des communautés indigènes défendant leur identité, leurs traditions et leur héritage politique jusque dans les sites archéologiques majeurs, au gré de constantes passerelles entre passé et présent, ce voyage conduit des rives du Lac Titicaca aux sables du désert d’Atacama, musarde de Quito à Machu Picchu sans s’écarter jamais de la principale destination de tout chemin qui se respecte : l’Autre.

Photojournaliste, écrivain, Patrick Bard a notamment travaillé sur la banlieue, les frontières et les routes. Son premier roman, « La frontière », a reçu le prix Michel Lebrun (2002), le prix Brigada 21 (Espagne, 2005) et le Prix ancres Noires 2006. Membre de la Maison de photographes Signatures, il a récemment publié « Le Chemin de l’Inca » (2006) et « Les routes du Che » (2007). Il mène par ailleurs un travail personnel sur la problématique de l’eau en Amazonie et sur les peuples autochtones des Amériques. Son travail photographique a été exposé au Centre Pompidou, à la Grande Halle de la Villette etc. Il a récemment participé à l’exposition « Frontières » (Museum de Lyon, CCCB de Barcelone, 2007).

Ivan Boiko, « Vieux-croyants de Russie », Somogy, 2006

La richesse de l’œuvre du photographe est de nous montrer ces célébrations intemporelles avec retenue, sans immixtion déplacée. Par l’ensemble de ses images il conserve les traces d’une communauté qui continue à résister contre les assauts du temps, non dans l’idée de la figer pour l’immortaliser comme on serait tenté de le faire d’une population en voie de disparition. Ivan Boiko, par la grâce de ses photographies, rend la communauté des « Vieux-croyants » bien vivante, ancrée dans des croyances et des rites ancestraux respectables, rare exemple de survivance de traditions dans le respect des convictions, à l’heure où la notion de globalisation tend à uniformiser les comportements et les modes de pensées.

Photographe moscovite, Ivan Boiko utilise la photographie à des fins anthropologiques. Ce travail sur les Vieux-croyants de Russie a fait l’objet d’une exposition au Museon Arlaten dans le cadre des Rencontres Internationales de la Photographie d’Arles de 2006 présidées par Raymond Depardon.

Xavier Zimbardo, « Made in Sarcelles, belle comme le monde », Editions Images en Manoeuvres, 2007

Le Grand Ensemble de Sarcelles a célébré en 2006 ses 50 ans. Il voisine avec le village originel du même nom, âgé de plusieurs millénaires. Seule commune de France jumelée avec une localité israélienne et une localité allemande, c’est une ville-symbole, porteuse de mémoire et de toutes les douleurs comme de toutes les couleurs du monde : le grand ensemble fut bâti pour tenter de remédier à la crise du logement d’après-guerre mais aussi accueillir les rapatriés d’Indochine et d’Algérie, avec leurs souvenirs, leurs amertumes et leurs blessures. Il a longtemps personnifié l’anonymat et le malaise des banlieues, donnant naissance au mot « Sarcellite » pour figurer l’ennui des grandes cités-dortoirs. »
Xavier Zimbardo
Souffrant d’une image négative, la ville de Sarcelles est en réalité bien différente de ce qu’en « disent » les médias. À travers des photographies sensibles et pleines de vitalité, Xavier Zimbardo cherche à « donner une vision à la fois poétique, sociale, ethnologique, (une) vision d’auteur certes subjective, mais qui permet de renvoyer, à tous ceux qui se font de (la) cité (de Sarcelles) une idée fausse, un reflet de vie commune plus conforme à la réalité.

Xavier Zimbardo pratique tout d’abord la photographie en amateur au Club des Belles Images de Sarcelles. Il poursuit en même temps des études d’histoire et géographie et commence à enseigner. Au bout de quelques années, il abandonne l’enseignement pour se consacrer à la photographie en tant que reporter photographe indépendant. Ses reportages l’ont conduit dans de nombreux pays : Cuba, Grèce, Iles Marquises, Inde, Liban, Népal, Maroc, Mexique, Thaïlande, Turquie, Vietnam... Xavier Zimbardo poursuit en parallèle des recherches en noir et blanc, plus intimes, plus secrètes. Si la couleur est pour lui l’expression du foisonnement et de l’énergie, il utilise le noir et blanc comme un champ d’expérimentation des possibilités de « révélation » de l’image photographique.